La fin d'un monde
Introduction
Le sens ...
Révélation de Dieu?
Paradoxe essentiel
L'homme
Le Messie
Etre chrétien
La fin d'un monde
CHAPITRE VII : LA FIN D'UN MONDE

En préambule, je voudrais dire combien je crois que Dieu-Fils a, par son incarnation et son message d'amour, ouvert au Père créateur UNE NOUVELLE LECTURE DE SA RELATION AVEC L'HOMME ; en un mot qu'il       " humanise " Dieu en rendant sa créature davantage encore plus proche de Lui et plus compréhensible sur son propre plan ! Il me semble effectivement qu'il y a une  différence entre une certaine dureté de l'Ancien Testament et de la loi transmise par Moïse, comparées aux paroles hautement charitables du Christ ; ensuite, il est certain qu'en raison de sa proximité fusionnelle avec son Fils fait homme, Dieu-Père éprouve Lui-même intimement la potentielle fragilité de l'homme, et son bonheur ou sa souffrance charnels ! Quel père ne souffre-t-il pas en communion avec son enfant ? Jésus a rapproché la sensibilité de l'homme, physique, de la sensibilité divine, spirituelle ! En conséquence, le Créateur ne devrait plus jamais avoir avec ses créatures humaines le dialogue direct et souvent rude qu'Il avait dans l'Ancien Testament ; mais en les confiant au Ressuscité, Il ne peut, me semble-t-il, que confirmer et même accroître, sa patience  et sa miséricorde pour l'homme ! Une lectrice formée en théologie et connaissant l'Ancien Testament, m'a fait observer que la sensibilité de Dieu pour son Fils fait homme, préexistait dans la Bible !

La bienveillance divine sera de toute façon nécessaire ! Car si je reviens à l'image que je décris dans les pages qui précèdent, d'un Dieu d'Amour, à plusieurs reprises déçu par l'homme, sa créature dernière et chérie, appelée à vivre éternellement en union avec Lui, je me dis que sa déception et sa peine ont dû être si grandes, qu'Il s'est résolu à envoyer son propre fils " reprendre possession de sa vigne. " (cf. Mt 21 - 37)                                                 A l'heure actuelle pourtant, alors que par le don de sa vie sur la croix, Jésus a repris au Démon l'usurpation de son pouvoir sur l'homme, le succès est encore loin d'être acquis !         

Plus que jamais, la prière devient alors indispensable ! Elle s'insère naturellement dans un contexte d'échanges humano-divins. Je la vois en tant qu'une projection de soi vers un destinataire, dans une communion spirituelle avec lui, quel qu'en soit le motif : amour, requête souvent ou reconnaissance. Me référant à ma définition des relations dans l'espace de sens, je considère que, d'une manière générale, la prière a pour effet d'ajouter à son bénéficiaire des parcelles de sens qui s'intègrent aux siennes propres par association, dès lors qu'elles ne s'opposent pas à sa configuration de synthèse ; et ce, d'autant plus et mieux qu'elles s'y fondent tout en gardant la marque de leur origine. Pour sa part, le sujet de l'attention de prière doit pouvoir prendre conscience de la modification de son entité spirituelle et de sa cause, parce qu'il conserve la maîtrise et la responsabilité de sa propre définition !
Ceci n'est à priori guère à portée de l'homme actuel ; mais recadrée dans une relation avec l'Auteur du sens et de l'appel d'amour qu'il signifie, la prière formera la réponse à laquelle Il sera sensible par définition de sa propre attente, et de surcroît, elle justifiera en fonction de sa sincérité, de son insistance et de sa qualité, l'instauration d'un dialogue privilégié pouvant même aboutir à l'union mystique ! De toute façon, quelqu'en soit le destinataire, la prière gagnera par sa fermeté, sa conviction et sa répétition ou sa permanence. Démultipliée par ses origines, son intensité lui donnera une puissance qui ne pourra être négligée !
Sans aucunement oublier le " Notre Père ", l'oraison de base que Jésus nous a donnée, une PRIERE COMMUNE pourrait ainsi être adressée par les hommes et les femmes de notre temps, en communion avec les Anges, la communauté des Saints et des Bienheureux, à l'Esprit-Saint, afin qu'Il éclaire de Vérité le monde et conjointement, aux âmes défuntes, dans l'intention de les accompagner spirituellement vers le salut  !  
                    Me référant ici au souhait que j'exprime en fin d'Introduction, le possible élargissement de cette prière dans le monde spirituel atteindrait une telle intensité qu'elle pousserait le Démon et ses partisans à se révéler, soit  tels qu'ils sont, soit en privilégiant le mensonge qui leur est coutumier !
Suite à leur infériorité probable eu égard au nombre croissant de priants ainsi réunis, ils seraient effectivement enclins à tenter ouvertement ou de façon déguisée, de rallier le plus grand nombre d'humains à leur choix d'opposition ; ce que Dieu permettrait en raison de l'impératif absolu de la liberté qu'Il entend garantir à l'homme !

Exode ou Renouveau ? C'est ici que j'apporte une modification importante par rapport à l'essai de référence ! Dans la seconde hypothèse, décrite ci-après, je considérais que le Malin ne voudrait aucunement être la cause ou donner lieu à la fin brutale de l'humanité (Exode) parce qu'il mettrait ainsi lui-même obstacle à sa progression d'opposition à Dieu, toujours effective en raison de l'apparentement aux siennes, dans l'espace de sens, des pensées négatives de l'homme ; et qu'il serait opposé à son intérêt, de ne pas maintenir l'état actuel et d'être dévoilé par le " mystère d'iniquité " (2 Thess, 7).
Je crois à présent qu'il n'en est rien et qu'il serait au contraire de l'avantage des Anges rebelles, de pousser une minorité humaine agissante à une situation de confrontation et de destruction totale du monde ; laquelle provoquerait le désastre et la fin de l'aventure humaine ! Il leur serait ainsi possible de rééquilibrer leurs pouvoirs et leurs influences envers la nouvelle génération de sens que le Créateur se devrait de concevoir dans la permanence de la liberté d'adhésion à son offre d'infini partage de son Amour !  Il n'est certes pas exclu que le cosmos n'abrite d'autres créatures de sens, peut-être même supérieures à l'homme, mais j'en doute en raison de l'apparence séquentielle de la création.                                                             Outre le choix d'une créature forcément différente du modèle humain, mais de conception difficilement supérieure, en raison de toute l'évolution qui fut déjà nécessaire à son apparition, Dieu devrait réitérer son offre de protection, eu égard à l'immanquable tentative du Menteur, d'influencer avec succès, une fois encore, cette dernière venue !
Il y aurait donc paradoxalement un obstacle pour le Tout-Puissant, à ce que soit révélé de façon inappropriée ou précipitée " l'Impie que le Seigneur fera périr du souffle de sa bouche et anéantira par l'éclat de son Avènement " (2 Thess, 8) ; et ce serait pour cette raison que la détermination de son temps de survenance demeurerait de sa seule et unique compétence ?

Dans cette hypothèse, il ne faudrait toutefois pas considérer trop vite que Dieu se trouverait à nouveau surpris par l'Ange rebelle, ni freiné dans sa volonté absolue de créer des êtres libres !                                                               D'abord, comme dit ci-avant, il n'est pas impossible que d'autres êtres de sens ne suppléent au départ de l'homme terrestre ! Ensuite, maîtrisant le Temps, le Créateur pourrait, selon son entendement et avec le concours de générations précédentes abouties, trouver des parades à l'activité du Tentateur, et même lui donner une ultime chance de rachat ! Bien que ceci paraisse impossible à l'échelle de la définition infinie de l'Etre, cela pourrait néanmoins se concevoir dans un acte de pitié et d'amour de l'Eternel pour ses anges rebelles, que justifierait, par exemple, leur ignorance à long terme de leur choix du refus, redéfinie comme une exception admissible dans le contexte général atteint d'une réussite globale du plan de partage du Sens !  Pour autant, ceux-ci ne seraient guère dispensés d'une décision individuelle, tout-à-fait irrévocable cette fois, car forcément exceptionnelle !                                                                                                             Je me souviens en avoir évoqué l'idée dans mon ouvrage " Credo " ! J'ai d'ailleurs, plusieurs fois, entendu autour de moi, cette idée que le Dieu d'Amour ne pourrait accepter le malheur éternel de créatures, certes coupables, sans leur permettre une ultime chance de salut !              Conscient d'être là en pleine spéculation intellectuelle, je préfère revenir au plancher rassurant de ce que j'ai déjà écrit !

DEUX POSSIBILITES semblent  plausibles concernant l'avenir de notre monde :
LA PREMIERE (Renouveau) verrait l'humanité gagnée par l'effet de la prière et subjuguée par l'amour divin que le Christ révèle dans ses derniers mystères, opérer sur elle-même un retour de foi extraordinaire et adhérer sincèrement au contenu de la Bonne Nouvelle ! Dans ce cas, l'évolution finale vers la Parousie ou " le retour glorieux du Christ " pourrait s'effectuer dans une transition graduelle et pacifique ; la tentation elle-même devenant sans objet.
Ou L'ALTERNATIVE (Exode) : à l'extrême contraire de la première hypothèse, la révolte et la méchanceté l'emportent. Rejoignant l'Ange rebelle dont le discours d'intransigeante, orgueilleuse et fière, quand bien même douloureuse indépendance l'aura définitivement séduit, l'homme s'oppose majoritairement à son Créateur !
Sans aller si loin, d'autres éventualités de caractère similaire conduiraient au même résultat :
- la fin de la vie sur Terre dans une conflagration majeure, instiguée par le Démon et ses sbires, dès lors que ce choix leur semblerait préférable ;
- la destruction du cadre naturel par les détériorations climatiques et l'accroissement de la population humaine dans un espace de moins en moins viable, car non compensé par l'exploration spatiale ou sous-marine, avec les flux migratoires ingérables et violents  qui en découleraient ;
- la volonté généralisée de l'homme de se substituer à Dieu dans son rôle créateur, par la transformation, grâce au progrès de la science, du schéma de la procréation humaine qu'Il a voulu !
Dans tous ces cas de figure, il faudrait alors s'attendre à une fin du monde rapide et bousculée : " ... comme l'éclair part du levant et brille jusqu'au couchant, ainsi en sera-t-il de l'avènement du Fils de l'homme " (Mt 24 ; 27).

Il faut relativiser ces sombres perspectives ! Il n'est d'abord nullement certain que l'être humain se rallie au discours vrai ou trompeur du Malin ; étant donné la diversité de croyances ou d'opinions dont il fait preuve, et que j'ai évoquée au chapitre précédent. Ensuite, et même dans les cas de figure d'une catastrophe planétaire terminale, climatique ou instiguée par un conflit généralisé, l'homme est capable de réagir et de contrer l'issue fatale !         Par exemple, ainsi que semble déjà le montrer la tendance actuelle d'une humanité de plus en plus consciente, prônant et prenant les mesures de nature à freiner ou même à éviter les dérèglements naturels que son activité génère ; de même, concernant les risques de guerre  nucléaire, en privilégiant la négociation et la persuasion davantage que l'escalade violente ! Il ne resterait alors (si l'on peut dire) que la volonté déclarée de l'humanité, de prétendre remplacer le Créateur !

Mais, outre que nous ne soyons probablement encore qu'au seuil de ces perspectives et qu'il ne faille pas minimiser l'oeuvre de l'Esprit-Saint, nous pouvons espérer que la prière commune prévaudra, tant pour refuser la séduction ouverte de l'Adversaire que pour déjouer ses pièges indirects et les propres erreurs de l'homme ! C'est pourquoi je me permets d'inviter quiconque y serait sensible, à y adhérer et à la faire sienne, dans le recueillement de l'âme, la fermeté de la conviction et la permanence de la formulation : afin que cet acte de foi partagé " déplace les montagnes " !

Ceci dit, il n'est pas inutile de se poser la question de savoir comment, et à défaut d'un jugement final dans l'Exode, la Patience divine s'ingénierait à réunir sa création humaine, appelée à vivre en symbiose avec Elle, alors même que celle-ci témoignerait d'une grande diversité d'attitudes à son égard ! Il faut apparemment envisager une étape intermédiaire après la mort !

Ainsi que je l'écris dans mon ouvrage en référence du présent ; mise à part la pré-résurrection permettant aux âmes tellement proches de Dieu et dans son intimité, qu'une temporisation leur est superflue, les autres défunts devront connaître la transition d'une manière de Purgatoire ! Celui-ci leur permettra, dans l'examen rétrospectif de leur existence, et face à la totale signification de l'Amour divin dans son offre de partage, de se repentir sincèrement et d'entériner leur destination d'origine ! Sans doute seront-ils le plus grand nombre, grâce à la prière des Anges, des Saints et de celle des vivants qui leur auront destiné, dans la noosphère, ces pensées d'amour et de compassion qui les y auront aidés. Il ne faut en effet pas oublier que l'homme est ainsi conçu que ce n'est que par son cerveau qu'il accède au sens, et que son âme seule n'en est plus capable ; sauf si, par l'apparentement avec les siennes, les pensées qui lui sont destinées et qui l'y encouragent, lui rendent à nouveau la progression spirituelle possible ! 

Malheureusement, et quoi que l'on puisse espérer, il n'est guère évident que la théorie du refus rebelle ne reste malgré tout préférée, même à ce stade, en raison de la fascination de la primauté dans la violence et de son illusion de puissance ! L'Enfer auquel on refuse d'encore croire de nos jours, reste donc tout à fait plausible, en tant que douloureuse et tragique (bien que choisie) passerelle du refus du Vrai Monde : celui de l'Amour !                    Après cette audacieuse réflexion, qu'il me soit permis de dire combien je veux garder en moi l'espérance du Renouveau et de son évolution heureuse ; laquelle, soit dit en passant, ne démentirait pas pour autant les descriptions effrayantes de l'Evangile ou de l'Apocalypse, qu'il importe de relativiser en fonction du schéma vécu ! Le futur n'existant que lorsqu'il devient présent, les prévisions divines, même hautement probables, peuvent toujours, à la grande joie du Dieu d'Amour, s'édulcorer lorsque la voie suivie par l'homme correspond à son attente ! Cette perspective que sincèrement j'espère et pour laquelle je ne cesse de prier, ne m'autorise cependant pas à minimiser la possible issue de l'Exode !                        

Pour terminer sur une note réjouissante,  je propose au lecteur l'approche que je me fais du " ROYAUME DES CIEUX " à maintes reprises évoqué par le Christ. Ce devrait d'abord être l'équivalent d'une irrésistible vague de joie, correspondant à " l'atomisation " de toutes les parcelles de sens de l'âme élue et à leur " intégration " parfaite au Corps Mystique du Christ, lui-même consubstantiel au Père et à l'Esprit-Saint ; et cela, sans jamais perdre la conscience de sa propre identité !
Ce serait encore le recueillement de nature à instaurer un ineffable dialogue avec la Sainte Trinité, de façon à percevoir les multiples facettes et l'infinie richesse de leur Amour ! Mais cet état n'aurait rien de statique ; s'il permet l'abandon conscient ou l'adoration, il ne devrait pas pour autant faire obstacle, le cas échéant, à la poursuite d'une activité physique !                    Les hôtes de la " Maison du Père " devraient ainsi s'habituer à gérer des espaces phénoménaux ! Il est très possible que l'univers sidérant des galaxies en expansion soit peuplé d'autres créatures de Dieu ; mais il n'est nullement évident qu'elles bénéficient aussi du don du sens !                     Dans l'extraordinaire partage d'amour qui régira le Vrai Monde, dans l'ouverture des consciences qu'il impliquera, il va de soi que le secret et la dissimulation seront à jamais bannis, et que chacun saura tout sur autrui ! Il faudra donc, précisément en vertu de l'amour partagé, préserver la pudeur de chaque âme, non pas en interdisant soi-même unilatéralement la connaissance de son intimité, mais par une attitude commune, réciproque et volontaire, de respect de celle du prochain, laquelle fera obstacle à tout curiosité inopportune, impensable d'ailleurs !

En fin de cette synthèse, je ne peux faire l'économie de ce que j'ai appelé         " LE POIDS DU PASSE " pour désigner le boulet des atrocités, collectives ou individuelles, qui n'ont cessé d'obscurcir l'histoire de l'humanité et qui devrait encore l'accompagner au Paradis, en tant que part de l'espace de sens irréversiblement blessée et meurtrie !
Bien que j'aie le ferme espoir que ces blessures seront apaisées par le regret sincère et le pardon des auteurs et des victimes, je crois surtout à l'intervention ponctuelle et ciblée autant que de besoin, de l'Esprit-Saint, à juste titre nommé " le Consolateur " ! 

Dans l'indescriptible joie des retrouvailles de l'homme avec son Créateur, le Royaume des Cieux pourrait alors exister sans aucune ombre ; quand bien même - et pour paraphraser le proverbe - il serait pavé de " mauvais souvenirs " !

 

 

 

 


Léopold Coeur
22 mai 2010