Etre chrétien
Introduction
Le sens ...
Révélation de Dieu?
Paradoxe essentiel
L'homme
Le Messie
Etre chrétien
La fin d'un monde

CHAPITRE VI : ETRE CHRETIEN AUJOURD'HUI

 Mon choix d'adhésion au message du Christ m'incline tout naturellement à croire au rôle de l'Eglise catholique, fondée par Jésus lui-même lorsqu'il parle à Simon-Pierre :             " Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et la Puissance de la Mort n'aura pas de force contre elle." (Mt 16 ; 18). Pourtant elle reste une institution humaine, fragile en tant que telle ; d'autant plus que l'Adversaire ne va pas se priver de lui porter le plus de coups possibles : " Satan vous a réclamés pour vous secouer dans un crible comme on fait pour le blé." (Lc 22 ; 31).                                                                                                  C'est donc à elle que va ma préférence, malgré l'existence de plusieurs autres Eglises chrétiennes, apparues au cours de l'Histoire et dont les différences, tant dans certains dogmes que dans l'exercice du culte, ne se sont toujours pas aplanies, malgré les efforts réciproques de rapprochement dans l'oecuménisme !

Tout se passe en effet comme si la multiplication contemporaine des croyances devait perdurer, en parallèle d'ailleurs avec un athéisme de bon aloi ! Pour reprendre l'expression bien connue, chacun se fait désormais " sa propre religion ", que celle-ci se réfère à des confessions existantes ou, plus encore, à un agnosticisme radical : il n'y a rien à comprendre, et puisque c'est ainsi, il n'y a non plus rien à chercher ! Dès lors, vivre le mieux possible est la seule devise qui vaille, dans le cercle de ses proches ou même seul ! Si l'on a de la chance ou du succès, tant mieux, profitons-en ; si non, essayons de tirer le meilleur parti de notre situation en nous disant que tout s'arrête à notre mort            - anticipée si nécessaire - et que plus rien ne nous concerne après !

Dans cette hypothèse, la société humaine continuera de toute façon en notre absence ; et si nous subsistons quelque temps dans le souvenir de nos proches, ce sera toujours cela de gagné, quoique sans lendemain, dans ce monde absurde et aveugle que nous aurons quitté ! Comment alors, dans mon choix de vie chrétienne, concilier cet éventail d'options ouvertes et peu susceptibles d'évoluer vers une véritable union, avec les paroles du Christ sur l'unité des hommes en lui et en son Père ?                                       Suite à ce que dit Jésus, confirmant d'ailleurs mon cheminement rationnel, je conclus que la génération humaine, à l'instar de celle des Anges, est conçue pour vivre en SYMBIOSE AVEC LE CREATEUR !  La question qui se pose donc à mon entendement est de comprendre comment une telle (r)évolution serait possible dans le contexte des disparités résolument ancrées, de croyances ou non ! J'y reviens au dernier chapitre.

Sur le plan de la société contemporaine, l'occidentale surtout, il faut reconnaître qu'elle est traversée par des tendances opposées : l'une, prépondérante et générale (il faut l'espérer) tend à plus de paix, de partage et de fraternité dans une communauté mondiale de plus en plus interconnectée et consciente d'une nécessaire solidarité ; l'autre, individualiste, semble au contraire démontrer que, pris isolément ou dans le cercle étroit de ses proches, l'humain reste un modèle d'égoïsme et de vanité, ne songeant qu'aux plaisirs faciles et à la satisfaction de biens aussi sophistiqués que superflus, dans une compétition effrénée pour le succès et la possession !
Comment s'étonner dès lors qu'il y ait un contraste évident entre une moralité globale sans doute en progrès et la course au bien-être personnel ou familial ?  La vie sociale, elle-même, s'est considérablement modifiée grâce au progrès technique qui s'ingénie à faciliter la vie des nantis : en l'espace de quelques dizaines d'années, nous sommes passés de la simple radio aux échanges internationaux ou personnels animés et imagés via l'Internet, de la télévision en noir et blanc aux écrans plats aptes à recevoir les chaînes numériques en couleur, les films anciens ou récents recopiés en DVD inaltérables, et même la simulation virtuelle de multiples sports !
Sur le plan de la médecine, les avancées scientifiques sont importantes, de telle sorte que l'espérance de vie est considérablement prolongée avec, en parallèle, la possibilité de traitements curatifs inespérés pour la guérison de maladies, la restauration d'organes ou même l'apparent rajeunissement du corps ! Dans le même laps de temps, la vie de la famille, noyau de la société, s'est retrouvée complètement transformée, passant du conformisme à une modernité renversant les valeurs traditionnelles ! Sous les coups de boutoir d'une succession d'événements ayant précédé ou conduit à la révolution culturelle de mai 1968 en France et y ayant succédé, les moeurs ont changé de façon significative !

L'énoncé qui suit doit être considéré comme le reflet de mon opinion de chrétien après mon parcours rationnel et les conséquences que j'en tire sur le plan de la foi.                     Il ne doit pas être interprété comme une mise en cause de l'Eglise, catholique en particulier, par rapport à laquelle je reconnais la difficulté de son apostolat et mon manque de formation théologique ! 

Dans le contexte de la foi chrétienne, qu'il me soit donc permis de donner ici, de façon non exhaustive et sans émettre un quelconque jugement, des exemples parmi les plus frappants, qui mériteraient, selon moi, réflexion  :                                                        - l'éventualité du mariage des prêtres ;                                                                                         - l'accès des femmes au diaconat ;
- la libération sexuelle et contraceptive ;                                                                                           - 
l'avortement pour des raisons thérapeutiques ou  autres ;                                                       - la fécondation " in vitro " et la possibilité de faire appel à une " mère porteuse " ;
-la reconnaissance de fait ou légale des couples homosexuels  avec la possibilité d'adoption d'enfants ;                                                                                                             - l'euthanasie ou les soins palliatifs s'ils provoquent consciemment la mort  ;
- la remise en cause de l'autorité parentale et de son partage entre les époux ;
- les séparations des couples et les divorces entraînant leur reformatage en             familles à longévité variable, décomposées puis recomposées ! ;                                          - les lacunes dans l'éducation des enfants suite à l'absence de repères et de           limites ; les jeux dangereux ;                                                                                                               - la banalisation de l'usage des drogues ;  les viols, séquestrations, abus sexuels dont sont victimes des mineurs ; 

- l'autonomie du choix de sa foi ou de l'athéisme en parallèle de la multiplication de croyances hétéroclites et de la fascination pour l'ésotérisme ;                                                   
                                                           -      - l'endoctrinement, le terrorisme, le fanatisme, et l'aveuglement destructeur qu'ils     provoquent ;                                                                                                                                            - la passion de l'argent et la spéculation qu'il suscite pour son accroissement           démesuré, en-dehors des réalités économiques qu'il met à mal ;                                                                                                                                                         - l'accueil de réfugiés, poussés par la misère à tenter leur chance dans les pays              " développés ", qui deviennent victimes de passeurs vénaux et, ne pouvant tous  être accueillis, sont reconduits à leurs pays d'origine ;
- la conservation d'embryons humains et leur manipulation génétique ou  
médicale ;  la perspective du clonage d'individus ou même de cellules !

Revenant au thème de ce chapitre, on peut comprendre qu'après de tels bouleversements, la foi chrétienne en général et catholique plus précisément, soit confrontée à des contestations de la part de ses fidèles ou au contraire et à l'opposé, à un raidissement d'attitude, voire à un retour à une doctrine rigide !
Il n'est nullement question en ce qui me concerne, de prôner en ce domaine un libéralisme effréné ou l'option d'une religion " à la carte " ! Mais, me basant sur les acquis de ma recherche de sens et compte tenu de mon adhésion corrélative et cohérente à la Bonne Nouvelle portée par Jésus-Christ ; conscient dès lors que le Dieu d'Amour auquel je crois, n'est pas un Etre figé ; conforté dans cette pensée par Jésus lui-même, annonçant la venue de l'Esprit de Vérité, je pense qu'il devrait être possible à l'Eglise catholique en premier et aux autres Eglises chrétiennes, dans un but d'oecuménisme, D'OUVRIR LARGEMENT LEURS PORTES AUX REALITES DU MONDE dans lequel nous vivons, SANS POUR AUTANT REMETTRE EN QUESTION LES DOGMES ; et d'autoriser avec toute la prudence qui s'impose, les changements légitimes ou tolérables !

Tout se passe en effet comme si, en conséquence de l'incontestable évolution de l'intelligence humaine, la logique d'une rationalité de la foi devenait nécessaire mais non suffisante car elle soutient mais n'exonère nullement l'indispensable élan de reconnaissance et d'amour du Christ, porteur de la Bonne Nouvelle !
Il ne faut pas oublier qu'en définitive, c'est en conscience de ses actes que chaque être humain, auteur de sens, rendra compte à Dieu, de l'amour dont il aura fait preuve dans son existence et avancera, le cas échéant et dans la contrition sincère, toutes les circonstances atténuantes d'une conduite contraire !  

La tâche ainsi confiée aux Eglises paraît immense, mais je crois et j'espère qu'en communion de prière avec l'Esprit de Vérité, un progrès sera possible.                                 A propos de vérité, et bien que ceci ne soit pas facile à dire, il me semble que l'Eglise devrait, d'une façon générale s'abstenir, dans des cas litigieux concernant des prêtres ou des religieux, d'encore accepter un silence à la limite de l'hypocrisie, parce que préférable à la divulgation d'un scandale et de ses conséquences. 
Sur un plan économique et en écho de ce que dit le Pape Benoît XVI dans son encyclique " L'amour dans la vérité (Caritas in veritate) " à propos de la crise financière que nous connaissons : " La crise nous oblige à reconsidérer notre itinéraire, à nous donner des nouvelles règles (...) La crise devient ainsi une occasion de discernement et elle met en capacité d'élaborer de nouveaux projets
", je me permets de reprendre ici ma théorie, en soi encore très utopique, de la mise en place graduelle d'une NOUVELLE ECONOMIE !

Voilà, en quelques mots, ce dont il s'agit :
" La loi de profit et de prééminence " actuelle  est devenue inadaptée à notre monde parce qu'elle est en permanence source de tensions et d'inégalités pouvant conduire à des conflits !
Il faut y substituer celle de " l'altruisme et de l'excellence " capable d'instaurer un véritable équilibre des conditions d'existence entre les différentes populations humaines, en fonction du caractère de leur mode de vie et de leur habitat, en soi toujours évolutifs ; et ce, en autorisant toutes les migrations individuelles.
Pour cela, il faut faire évoluer la notion de propriété en distinguant les biens de subsistance et les biens de personnalisation tant spirituels que matériels !
Les premiers seront réputés libres et hors propriété, avec la contrepartie d'une insertion bénévole du bénéficiaire dans le circuit de leur production, en fonction de ses aptitudes et des besoins de la société locale concernée. Les seconds resteront sa propriété exclusive selon la définition qu'il en fera !
Ce schéma devrait permettre l'uniformisation du mode local d'existence et donc l'élimination des jalousies et des rivalités ; tout en autorisant l'indispensable personnalisation individuelle en-dehors de laquelle, il n'y aurait plus qu'une monotone uniformité faisant obstacle à l'esprit d'entreprise et d'autoréalisation, soit la perte même du goût de vivre !
En revanche, la société humaine pourrait se développer harmonieusement et pacifiquement dans ce que je me permets de nommer " un équilibre entre les volontés antagonistes de bien-être mutuel " ; chacun poursuivant le bien-être de son prochain et réciproquement ! Ce serait la fin des famines, des guerres et autres tragédies ! Bien entendu, toute cette théorie devrait faire l'objet d'une étude sérieuse et complète qui en fixerait les buts, les conditions et les étapes !

Qu'il me soit permis de rappeler ici le mode de vie de la première communauté chrétienne : " Tous ceux qui étaient devenus croyants étaient unis et mettaient tout en commun. Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens pour en partager le prix entre tous, selon les besoins de chacun. " (Actes 2 ; 44, 45). Il faut bien entendu souligner que leur union était renforcée par leur foi commune : " Unanimes, ils se rendaient chaque jour assidûment au Temple ; ils rompaient le pain à domicile, prenaient leur nourriture dans l'allégresse et la simplicité de coeur." (Actes 2 ; 46). Cette dernière donnée est vraisemblablement indispensable, en ce sens qu'une telle union fraternelle ne peut se concevoir que dans le cadre d'une même croyance au Dieu d'Amour révélé par le Christ !     Nous sommes encore loin du compte !
Pourtant, en tant que chrétiens, nous devrions nous remémorer les deux principaux commandements de Jésus-Christ, dans lesquels je retrouve :
- L'excellence : " Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ta pensée." (Mt 22 ; 37) ;
- L'altruisme : " Un second est aussi important : " Tu aimeras ton prochain comme toi-même." (Mt 22 ; 39).

 

 

Léopold Coeur
22 mai 2010