Paradoxe essentiel
Introduction
Le sens ...
Révélation de Dieu?
Paradoxe essentiel
L'homme
Le Messie
Etre chrétien
La fin d'un monde

CHAPITRE III : LE PARADOXE ESSENTIEL

 Tout en étant l'Unique et l'Infini, la foi chrétienne enseigne que Dieu est Trois personnes ! Cette proposition est à première vue illogique, mais elle ne l'est pas !   Il n'est en effet pas absolument impossible que Dieu-Personne infinie puisse dans un premier temps " engendrer " un Fils qui, tout en étant également Dieu, se positionne par rapport à Lui, Père, dans la perfection d'une relation filiale amoureuse et respectueuse ! De là naît le Premier Dialogue, le plus parfait qui soit, entre un père et son fils ! Il n'y a toujours qu'UN Dieu, mais Il se distingue en deux Personnes qui partagent la même compétence infinie !

Ceci implique évidemment une parfaite entente, une harmonie fusionnelle dont découle, en ce qui concerne Dieu-Fils, une absence de liberté au sens où nous l'entendons ! Il ne peut en effet exprimer par un " choix de ratification" son apparition dans l'Etre !
On peut donc dire que DIEU-FILS SE POSITIONNE AU-DELA DU CHOIX !      Cette idée est à première vue stupéfiante, mais elle ne l'est plus lorsque l'on se rend compte que le choix n'est concevable que sur un plan inférieur à l'Infini !  Au niveau de l'Etre illimité, c'est paradoxalement la liberté de choisir qui entraînerait la délimitation, soit la contradiction absolue !
         Il s'en suit que doit exister, outre la fusion amoureuse et même s'y définissant, un lien de subordination de la Deuxième Personne à la Première ! Ce lien apparaît clairement dans les évangiles, avec toutefois la correction que, s'appliquant dans la perfection de la relation paternelle ou filiale, il révèle un tel degré de compréhension amoureuse réciproque, que l'idée d'une hiérarchie entre elles, sans être absente, n'en est pas moins si effacée qu'elle ne compte plus guère !

Le Credo m'apprend que la Troisième Personne divine, l'Esprit-Saint, " procède du Père et du Fils et (avec eux) reçoit même adoration et même gloire ". En plus, et c'est important, Il est Seigneur et Il donne la vie ! S'Il a parlé par les Prophètes, Il ne se dit pas Lui-même ! 
Les évangiles m'en apprennent davantage sur Lui : Il est acteur de l'Incarnation de Jésus par la Vierge Marie ; après la Résurrection du Christ,   Il est envoyé par lui auprès des apôtres, en tant que " l'Esprit de Vérité qui (les) enseignera dans la ligne de (son) enseignement " (cf. Jn, 14-26).  Si l'Esprit-Saint est Dieu, s'agissant de la Troisième Personne de la Trinité, il y a identité de statut avec Dieu-Fils, à la fois dans la compétence infinie au-delà du choix et dans son corollaire, la conjonction hiérarchisée et amoureuse de sa volonté avec celles des deux Premières, faute, une fois encore, d'entraîner l'impossible division de l'Infini !
Mais pourquoi une Troisième Personne ? Cela peut se comprendre par la vocation inhérente à l'Etre de partager infiniment son ineffable plénitude en confiant cette tâche au dernier Acteur divin ; Celui qui donne la Vie !      L'Esprit-Saint est alors véritablement le " PLAN DIVIN DE PARTAGE DU SENS A L'ECHELLE DE L'INFINI ! "
C'est-à-dire que désormais le partage n'impliquera plus la maîtrise totale de l'infini, ni l'indispensable cohérence amoureuse qu'elle implique, mais une potentielle infinité de créatures en mouvement illimité de définition de l'Etre dans la convergence signifiante, la reconnaissance amoureuse et l'entérinement du don que cela signifie !
Ce seront des " parts de sens évolutives " qui seront données aux créatures concernées ; lesquelles seront invitées à infiniment les étendre et les unir sans les uniformiser ni les refouler, et sans non plus qu'aucune d'elles n'ait globalement la maîtrise de l'Etre, réservée à la divine Trinité !

J'utilise le vocable " DEFINISSEUR DE L'INFINI " pour caractériser la vocation ainsi ouverte aux nouvelles créatures de Dieu, dont l'homme ! Il faut sans doute préciser que celles-ci reçoivent une configuration délimitée au départ de leur appel au sens et que leur mouvement en réponse sera progressif quand bien même sans fin !   Ce qui signifie que, se situant à un niveau intérieur à l'Etre, " l'au-delà du choix " ne s'applique pas à elles, mais qu'à défaut d'être des " automates conditionnés " (ce qui manifestement s'opposerait à la volonté de convergence signifiante), leur adhésion libre au projet est indispensable ; encore qu'un refus soit inconcevable au plan de l'Infini !

Ce point est capital et nécessite une explication !                                                 C'est ce que j'ai nommé " LE PARADOXE ESSENTIEL " en titre de ce chapitre ! Cela veut dire qu'au plan où se situe Dieu, la contradiction est la seule impossibilité à sa Toute-Puissance ! SA PENSEE conjuguant son Etre, celle-ci, lorsqu'elle est créatrice d'horizon infini, NE PEUT CONCEVOIR SON INVERSE !
S'Il crée des êtres limités quoique à vocation d'évolution illimitée en son sein, cela ne peut évidemment " se produire " qu'en-dehors même de l'idée que son offre puisse être refusée, puisqu'il Lui est impossible de penser sa propre contradiction ! LE CHOIX existe donc potentiellement, mais il est proprement INIMAGINABLE à son niveau ! Je tiens là, je crois, LA SEULE EXPLICATION QU'IL SOIT POSSIBLE D'AVANCER à L'ORIGINE DU MAL, concomitante à l'existence du Dieu d'Amour !

D'après nos sources, une première génération d'êtres spirituels est créée : ce sont les Anges ! Dans l'élan initial, ils sont vraisemblablement dotés de grands pouvoirs, mais invités à entériner le mouvement d'amour éternel qui leur est offert. Le plus grand nombre, pense-t-on, accepte ; mais d'autres et non des moindres, déclinent l'invitation en ouvrant l'alternative du refus, au plan inférieur de l'Etre, auquel ils se situent puisque, limités au départ, ils ne sont qu'en devenir d'infini ! L'Ecriture et la Tradition de l'Eglise les appellent les " Anges déchus " ou " Diable, Satan ou démons " !                                       La raison de leur attitude est difficile à comprendre  La seule explication que l'on puisse avancer, est celle de L'ORGUEIL : " la fierté du rebelle " qui préfère (à tort !) l'indépendance d'une voie douloureuse - car elle est contraire à la nature de sa création  -  à la voie toute tracée de l'union heureuse à Dieu ! Ce choix ouvre la seule puissance résiduelle possible, de l'opposition à l'Amour avec tous les sens qui en dérivent, tels que le goût brûlant de la conquête et de la domination, la violence, la rivalité, le besoin du pouvoir, l'audace téméraire, la jalousie, le conflit, la haine...                                       

A l'inverse, l'acceptation paraît tenir du cheminement monotone du troupeau paissant sous la houlette de son berger, et dont les individus ne se distinguent plus guère les uns des autres, dans la sempiternelle et lassante ombre de leur maître et protecteur ! Cette vision n'est pas correcte car il faut tenir compte de la relativité des sentiments décrits par rapport au sens porteur dominant ! Ainsi par exemple de la rivalité : dans la configuration de la convergence signifiante, elle va se traduire en saine émulation parce qu'elle s'y conçoit dans un cadre de respect altruiste, à défaut duquel il n'y aurait pas de convergence ! Dans la structure inverse, elle se muera en affrontement farouche car il n'y sera question que de primauté et d'égoïsme !

Quant à la peine du refus, elle n'est compensée ni par l'orgueil ni par la puissance de sa position, puisque la première caractéristique en est de provoquer le tumulte et les querelles incessants pour l'acquisition ou le maintien de priorités contestées en permanence ! A cette souffrance s'ajoute la conséquence du " combat spirituel " révélé par le récit de l'Apocalypse ;      à savoir la chute de Satan et de ses anges et donc très certainement leur CONFINEMENT DANS LEURS LIMITES DE SENS ATTEINTES ; ce qui n'est pas l'idéal pour des créatures conçues afin de progresser infiniment !

On peut en effet comprendre que s'Il fut " abusé " dans son élan créateur initial, Dieu ne pouvait ensuite accepter l'infinie progression du refus, même partielle, toujours en raison de la contradiction absolue ! Comme, de par sa propre volonté de mouvement dans le temps, Il ne peut revenir en arrière ni annihiler sa création, Il lui reste la solution de mettre fin à la progression rebelle en suspendant le don qu'Il fait du sens en devenir !
L'ennui supposé de l'adhésion n'est pas davantage exact ! Il y a d'abord la joie qui l'accompagne et dont nous pouvons d'ores et déjà ressentir le reflet dans nos âmes ; et puis, la convergence amoureuse et signifiante n'exclut nullement la vivacité de mouvements mineurs contraires s'apaisant dans le souci primordial de la conciliation et de l'entente !

L'Apocalypse évoque encore " la précipitation de Satan sur terre " ; ce qui, dans le cadre d'une lutte spirituelle, ne laisse de déconcerter le lecteur ! Toutefois, elle prend son sens dans le périple qui suit, de la création de la matière et de l'homme.

Léopold Coeur
22 mai 2010