Révélation de Dieu ?
Introduction
Le sens ...
Révélation de Dieu?
Paradoxe essentiel
L'homme
Le Messie
Etre chrétien
La fin d'un monde
CHAPITRE II : REVELATION DE DIEU ?

" La Personne infinie " ! Voilà une appellation incroyable !                              Pour la comprendre, il faut remonter à l'Antiquité ! Socrate d'abord, qui prône la connaissance de soi-même et la recherche du Vrai, du Juste et du Bien. Platon son élève, ensuite, qui donne à l'Etre la valeur de perfection d'ordre, soit l'idée du Bien ; enfin et surtout Aristote qui situe comme terme ultime du mouvement effectué selon le principe de la cause moins parfaite dépendant de la plus parfaite, la Cause suprême ou le Premier Moteur, Pure pensée se pensant elle-même ! Comment ne pas retrouver dans cette définition mon idée de l'Infini-personne en tant que la " Volonté de convergence " déjà admise et synonyme de " Plus grand rassembleur de sens signifiants " ?    Et, réunissant les pensées platonicienne et aristotélicienne, ne suis-je pas en mesure de dire que l'Infini non seulement existe, qu'il est une personne, mais en plus que cette personne possède la valeur morale de perfection d'ordre, à savoir l'Idée du Bien ? Toutefois, l'inquiétude métaphysiqe fondamentale demeure :  " QUI SUIS-JE, D'OU VIENS-JE, OU VAIS-JE ? "

On peut distinguer deux tendances fondamentales de l'intelligence humaine à ce sujet : celle des scientistes qui n'excluent pas le rôle du hasard dans l'origine du phénomène humain et qui sont persuadés que la science et l'expérimentation du réel apporteront progressivement à l'homme la réponse aux questions qu'il se pose ; et celle des créationnistes qui font appel à l'intervention d'un Créateur, être supérieur, auteur de toutes choses !
A défaut d'explication péremptoire, la première hypothèse considère que l'homme, par son savoir et son opiniâtreté à percer les secrets du monde qui l'entoure, est en permanent progrès vers la maîtrise de lui-même et de l'univers ; et que dans ce mouvement, l'illusion qu'il a encore de l'existence d'un Etre suprême, n'est que la projection de ce que lui-même sera ! Malheureusement il faut bien constater que si la science humaine est effectivement en progression, elle n'aboutit encore qu'à faire reculer le seuil de son questionnement et que l'homme n'est toujours pas capable de se situer dans le cosmos dont il a pourtant conscience de faire partie !
Quant à l'hypothèse créationniste, elle constitue forcément l'alternative à la première mais n'est de loin pas exempte de multiples interrogations à propos de l'existence de Dieu ou de Dieux ou d'Extra-terrestres.

Vu notre ignorance de l'immensité sidérale, il n'est nullement exclu que s'y trouvent des êtres conscients, bien supérieurs à nous, et qu'ils soient à l'origine de notre histoire ! Mais alors, soit ils accèdent en plénitude à la dimension infinie et s'ils sont en nombre, ils doivent avoir la vocation de l'unité signifiante, ce qui revient à dire qu'ils fusionnent en un Etre supérieur, Dieu ; soit ils sont eux-mêmes limités et les questions qui se posent à l'homme les concernent aussi ! L'idée de Dieux, elle, s'oppose à l'unicité de l'infini ! Il ne peut y avoir qu'Un infini car s'il y en avait deux, ils se délimiteraient forcément l'un l'autre ; ce qui revient à l'impossibilité absolue de la contradiction interne !

D'accord ! Mais peut-être l'homme n'est-il apparu sur terre qu'au terme d'une longue évolution due à  l'effet du hasard ? Or nous sommes conscients d'être le résultat et le summum d'une progression dans le perfectionnement ! Si le hasard en était la cause, il aurait dû se reproduire de stade en stade vers ce progrès !  Il n'y aurait alors plus de hasard, mais la manifestation d'une intention délibérée ! En outre, il faut tenir compte du fait que le hasard est lui-même la conséquence d'un mouvement ! Tel événement survient ou tel autre ; sans mouvement, tout est figé et rien ne se passe !  Le mouvement est donc antérieur au hasard qui ne peut donc en être la cause ! A moins que, si le mouvement est intrinsèque à l'infini, ce dernier puisse se mouvoir, non pas en conséquence de l'expression de sa volonté, mais de façon tout à fait aléatoire ! Dans cette hypothèse, le temps étant illimité, il a pu se produire des milliards de chances qui n'ont servi à rien, puis une qui a abouti et provoqué une construction séquentielle nous donnant l'impression d'être voulue !
Cet énoncé ne tient pas la route : même en supposant que, dans l'écoulement vertigineux du temps, nous vivions une période exceptionnelle de progrès, nous aurions dû retrouver des traces de régression et même de totale anarchie, voire de chaos ; sans compter que le chaos lui-même, par un imprévisible hasard, aurait tout aussi bien pu anéantir l'infini, auquel cas nous ne pourrions même pas en discourir !
A ce stade, notre logique frôle l'excès et il devient plus raisonnable d'admettre l'existence d'un projet guidé ! En foi de quoi, il existe bien une évolution planifiée des espèces dont l'homme est apparemment l'expression suprême. Elle n'est pas le fruit du hasard mais celui d'un Créateur infini qui peut, le cas échéant, utiliser le hasard de façon occasionnelle et circonscrite !

Ceci admis, une autre interrogation se fait jour : pourquoi et comment, la Personne infinie a-t-elle décidé d'agir et de créer ? De même que les philosophes et les scientifiques, je suis incapable de fournir une réponse !
Pour tenter d'y parvenir, et à défaut de pouvoir Lui poser directement la question, il me faut faire appel au contenu de la mémoire collective humaine et plus précisément à la Tradition qui veut que l'Auteur se soit dévoilé et ait parlé à l'homme !

Je vise ici l'Ancien Testament comme point de départ. Il est la source des trois grandes religions révélées : la juive, la chrétienne, la musulmane selon l'ordre chronologique de leur apparition. D'après leur socle commun, Dieu n'est pas resté solitaire et muet dans sa plénitude éternelle, mais Il a voulu la partager avec des êtres semblables à Lui ! Dans quel but ? Il faut décrypter sa réponse dans ses manifestations à l'homme depuis la nuit des temps !  Pour ma part, je peux accepter l'idée de la Conscience de qui Il est et de son Mouvement en vue de PARTAGER SA PLENITUDE avec des personnes semblables mais non égales à Lui, qu'Il crée et rend capables de ce partage et de l'apprécier. Plus simplement, Il se révèle à l'homme pour lui dire qu'étant Lui-même infiniment heureux, Il l'a créé pour vivre ce bonheur !    C'est en synthèse ce qui se dégage des sources citées, dans la ligne de l'Ancien Testament et des révélations qui suivent. Comme je crois à l'idée d'une religion révélée - sauf à admettre que la Personne infinie serait un Dieu d'indifférence ; ce qui serait absolument contradictoire à mon constat d'existence d'une Volonté de Convergence signifiante. Il me semble en effet évident qu'Il ne s'amuserait pas à créer des êtres de sens pour les abandonner ensuite au bouillonnement désordonné de leurs pensées et de leurs agissements !

Par conséquent, je me rallie à la religion chrétienne, en premier lieu parce que j'ai été élevé dans cette foi et que c'est donc celle que je connais le mieux !  Mais ce n'est de loin pas la seule raison : il y a l'extraordinaire dimension de la personne du Christ et de son message, tellement incongrus par rapport aux normes humaines qu'il est invraisemblable que des hommes puissent en avoir été les auteurs ! Puis il y a les témoignages, multiples et variés, d'une foule de gens tout au long des 2000 ans d'Histoire qui ont suivi son apparition ; à commencer par les apôtres et de nombreux témoins, saints ou non, obscurs ou reconnus ! Leur vie a fait apparaître une joie sublime et indescriptible dans l'accomplissement de choses étonnantes, souvent difficiles à comprendre, mais qui avaient ceci de commun, qu'elles révélaient la présence bouleversante du Dieu d'Amour en leurs vies !

La religion révélée ne doit, selon moi, pas faire obstacle à l'évolution de l'intelligence humaine ainsi que le dit d'ailleurs l'apôtre Paul dans son épître aux Romains : " les perfections invisibles (de Dieu, éternelle puissance et divinité) sont visibles dans ses oeuvres pour l'intelligence ; ... (Ro 1-20) ".      Je me propose donc, sans non plus exclure ce que l'apôtre écrivait aux Corinthiens, à savoir que " la connaissance de tous les mystères et de toute la science ne vaut rien sans l'amour (1 Co 13-2) " , de parcourir le Nouveau Testament en relation avec le début de la Tradition dans l'Ancien, afin d'en retirer le maximum de sens admissible par l'esprit le plus critique et de voir s'il corrobore l'acquis de ma démarche logique !

Si j'y parviens, je concilierai la révélation du Dieu d'Amour par Jésus-Christ avec la rationalité de ma recherche de libre penseur, téméraire car non théologien ! Si non, et ne pouvant me défaire de la raison, je serai - sauf erreur de raisonnement dont je souhaiterais l'explication  -  au grand regret de ne pouvoir en accepter la sublime idée !  Je crains alors que la vie ne m'apparaisse définitivement dénuée de sens !

 

 

 


Léopold Coeur
22 mai 2010