Le sens ...

 

 

Introduction
Le sens ...
Révélation de Dieu?
Paradoxe essentiel
L'homme
Le Messie
Etre chrétien
La fin d'un monde

 CHAPITRE I : LE SENS

Dans notre univers, il n'y a apparemment que l'homme qui pense !
Penser, c'est donner du sens aux êtres et aux choses, un sens même différent de ce qu'ils sont en réalité, un sens imaginaire, et à la limite, un sens qui n'a pas de sens ! Les animaux, les ordinateurs, les robots, même ceux qui seraient capables de s'autoprogrammer, ne le pourraient pas !
Pourquoi ? Parce que le sens est d'un autre ordre que le matériel : on parle du spirituel ! Celui-ci permet de dépasser les apparences, de découvrir la signification profonde des êtres, animés ou non ; de leur en donner une autre, différente de la première !
L'oeuvre d'art en est une excellente illustration car elle exprime l'intention de l'artiste mais aussi parce qu'elle révèle au spectateur sa propre impression !
Des objets, des monuments, des lieux qui n'ont à priori aucune vocation au sens peuvent revêtir une intense signification par l'intention qui en est à l'origine, et par l'attention ou la vénération qu'ils continuent de susciter.
A cet égard, le nom donné est révélateur : il distingue la personne ou la chose qui le reçoit, de la masse de ses semblables ; il lui donne un sens que n'ont pas les autres !

Tout cela porte à croire qu'il existe vraiment un monde spirituel, de sens, la noosphère de Teilhard de Chardin ! Ce monde a ses règles propres que je peux découvrir et même vérifier, ... logiquement  ! J'y reviendrai.
En attendant, et me basant sur ma définition du sens en tant que recherche de la signification intime de toute entité, je peux énoncer un parallèle entre réalité et vérité : LA VERITE EST A L'ESPRIT CE QUE LA REALITE EST A LA MATIERE.
J'ai dit que l'homme était, dans notre univers, le seul à pouvoir accéder au sens spirituel (je précise : à ma connaissance) ; et cela parce qu'il bénéficie d'une " rupture de normalité " !  Il peut le faire par sa pensée et à condition de le vouloir car le processus n'est pas spontané !
Il s'agit d'un postulat par défaut ; la seule explication qui tienne en regard du constat de notre spécificité humaine et de cette étrange faculté dont nous disposons, de donner à tous les êtres, conceptuels ou réels, une, voire plusieurs identités de sens ! Je rechercherai l'explication de cette anomalie, mais d'abord, qu'est-ce que ce monde ou " espace " de sens dont je pressens la vérité ? Comme Descartes je dis " je pense, donc je suis " !  Cela veut dire que c'est parce que je pense que je suis !

Ma pensée a une ORIGINE parce que j'en suis l'auteur ! Elle m'appartient et devient ma vérité ; elle a du sens pour moi, même si elle n'en a aucun pour d'autres ! Je peux donc confirmer : "  Ma pensée a un sens, donc elle est  " !

Ma pensée peut avoir une DESTINATION ; je peux l'adresser à quelqu'un d'autre, la partager avec lui ; qu'il accepte ou qu'il refuse. Dans le premier cas, si mon destinataire l'accepte parce qu'elle est compatible avec sa propre pensée, il y aura réunion des sens en raison de leur association logique en sens de plus en plus vastes ou de plus en plus détaillés.       Dans le second cas, du refus, ou si la destination de ma pensée est une entité non-pensante, mon sens ajouté me reste attaché en tant qu'intention non aboutie (pour un pensant) ou définition personnelle (d'un non-pensant). Et tout cela dans une gamme de nuances possibles entre acceptation et rejet.

Il y a une DYNAMIQUE AU SENS ; ma pensée peut évoluer, se préciser, s'arrêter, recommencer ... au gré de ma volonté, dans le temps !                   Car LE TEMPS, C'EST LA MESURE DU MOUVEMENT ! Pas de mouvement, pas de temps ; tout est figé !  Il n'y a pas d'avant, ni d'après, ni même de présent puisque le présent n'a de sens que par rapport à un " avant " et à un  " après " ! Il faut qu'il y ait un observateur au temps et qu'il fixe des repères pour constater le mouvement ou son absence ! Cela signifie que le temps a un sens, au moins pour son observateur ; dès lors il est aussi spirituel.    Son mouvement pourra alors être différent du temps matériel.
Le temps est irréversible, parce qu'il est la mesure du mouvement qui ne peut être annihilé, car cela reviendrait à décider qu'il n'a pas eu lieu ; ce qui est en soi contradictoire ! En conséquence, le futur n'existe pas puisque par définition, il n'est pas encore survenu !

Je découvre la notion de contradiction, et plus exactement, celle de LA CONTRADICTION INTERNE qui entraîne celle de l'IMPOSSIBILITE ABSOLUE ! Toutes les impossibilités sont relatives en fonction de nuances ou par rapport à l'un ou l'autre critère, même extraordinaire !  La contradiction interne, elle, est la seule qui soit absolue, parce qu'elle signifie l'inverse de ce qu'une entité est, dans les limites exactes de sa définition ! On peut concevoir un contraire partiel de l'entité, mais cela veut dire que sa signification est elle-même partagée entre sa définition globale et sa définition partielle ! La contradiction est alors possible, partiellement.
Je constate pourtant que je suis capable de penser à quelque chose de contradictoire, même dans les limites de sa définition ! Ainsi de la définition du néant en tant qu'inexistence de toute entité, quelle qu'elle soit !             Cette notion est absolument contradictoire à l'idée même que je m'en fais car cette idée est déjà quelque chose ! L'idée du néant est absolument contraire à celle de l'infini !  Le néant n'existe donc pas ! Si toutefois je m'en fais une description théorique, celle-ci n'ira pas au-delà du sens d'un énoncé contradictoire, dénué de vérité, soit un non-sens qui me reste en propre !
A propos de l'infini, je constate que cette notion - si difficile qu'en soit son approche - fait partie du champ potentiel de ma pensée. Celle-ci n'est (précisément) pas limitée et peut aller du détail à l'infini, du réel à l'imaginaire, de l'ignoble à l'admirable, du plus futile au plus sophistiqué, de l'énoncé possible à l'impossible etc., en fonction du choix que j'opère.    Quand je m'y emploie, je m'engage à ne pas travestir ma pensée puisque, par définition, je recherche le sens, c'est-à-dire la signification profonde de l'être abordé, qu'il soit concept, projet, individu ou réalité ! Il s'en suit que l'esprit m'apparaît supérieur à la matière parce qu'il peut lui donner des sens différents en fonction de critères multiples, et que ces définitions, partagées ou non, sont vraies dans ma pensée ; tandis que l'expression matérielle autorise les travestissements !

Je n'ai aucune obligation à pénétrer l'espace spirituel ; il en va comme d'une invitation intérieure à dépasser le contexte de mon animalité. C'est à nouveau la question toujours pendante de ce que je nomme LA RUPTURE DE NORMALITE !
Plus les pensées sont partagées entre leurs auteurs-origines, plus elles acquièrent un " poids " spirituel important et plus leur " densité " de signification est susceptible de croître par les ajouts de sens ! Ce travail de renforcement de sens des pensées va à l'encontre de la facilité de leur partage. Il est en effet plus simple d'harmoniser des généralités et des lieux communs acceptables par tous que de définir et de préciser des idées au contenu pointu ou difficile !
Or leur partage n'apparaît possible que sous l'effet d'un opérateur déjà cité et nommé " association " ou " apparentement ", en fonction de leur regroupement logique en ensembles plus vastes, et ce, indépendamment, à ce stade, de l'action des auteurs ou des destinataires. Ce qui signifie que ce mouvement " automatique " de réunion des idées ne va concerner au mieux que celles dont le sens ne pose à priori aucune difficulté ; et qu'à contrario, un travail d'harmonisation sera nécessaire pour toutes celles dont la complexité est grande, tant par leur contenu que par la poursuite de leur précision !
Autrement dit, vu le nombre d'humains qui se sont succédé sur terre et continuent, leur " production " dans l'espace spirituel doit être phénoménale et constituer à priori un bouillonnement de sens disparates ou banaux ; à moins qu'une VOLONTE DE CONVERGENCE  n'en atténue les différences sans pour autant nuire à leurs contenus !
Revenant à la faculté que nous possédons de penser à des ensembles de plus en plus vastes jusqu'à la notion de l'infini, nous pouvons aussi nous poser la question de " l'état " d'harmonie de cet infini ?

A première vue, l'univers qui nous entoure n'est pas le chaos ; il s'en dégage une harmonie, une organisation sans pour autant faire obstacle à un mouvement cyclique ! Comme par définition, ce cosmos fait partie de l'infini, je suis autorisé à en déduire que l'infini, lui aussi, est organisé !
Or j'ai admis que cette organisation nécessitait une volonté de convergence.
A ma connaissance, le " vouloir " constitue avec la conscience les attributs essentiels de la " personne " !
Dans ce cas, non seulement l'infini existe, mais il est une personne,             LA PERSONNE INFINIE !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Léopold Coeur
22 mai 2010